ALESSANDRA FRA

Alessandra Fra, de nationalité italienne, est née en Pennsylvanie, et a vécu à New York, Lausanne, Vienne.
Après un baccalauréat scientifique à Paris, elle a complété ses études universitaires en Angleterre : une Maîtrise en Finance à l'Université de Cambridge et un Master en Droit et Comptabilité à la London School of Economics.
Elle est responsable d'une plateforme numérique multimédia.
PUBLICATIONS :
Romans
ELLE S'APPELLERA FRANCESCA, mai 2011
ATTENDS L'HIVER, Prix Contrepoint de Littérature Française 2008
(Membres du Jury: Patrick Modiano, Gonzague Saint Bris...)
VITA NUOVA, juin 2009 :
Articles :
Dictionnaire de La Mort : Articles sur la vieillesse et les regrets, février 2010
Les couvertures des romans d'Alessandra Fra sont des reproductions de ses peintures à l'Huile. Pour en voir une sélection :
Un exemplaire relié sur papier ocre, enrichi de sept de ses aquarelles originales, est disponible à la librarie bibliophilique Nicaise, 145 boulevard Saint Germain, 75006 Paris.
L'écriture de Attends l'hiver, premier roman
"J'ai commencé à écrire dès que j'ai su lire. D'abord des fables macabres : de courtes histoires sanglantes se déroulant dans des cimetières ou des prisons, nourries par mes cauchemars.
C'est à l'âge de quatorze ans que je me suis attelée à mon premier roman, la nuit, à l'insu de mes parents qui, voyant la lumière filtrer à travers ma porte, supposaient que je passais mes nuits à étudier. Envoyé à plusieurs maisons d'édition, il a été chaque fois refusé.
En ce temps-là, je voulais tout, tout de suite. Je pensais que je serais tout naturellement éditée, dès ma première tentative. Lorsque mes manuscrits m'ont tous été renvoyés, le découragement m'a envahie et ce n'est qu'à vingt ans que je me suis remise à écrire, quand j'ai ressenti le besoin de raconter une histoire qui hantait ma fantaisie : une relation tourmentée, en quatre saisons, entre une jeune fille et un éditeur d'âge mûr. Mais je ne savais pas par où commencer.
Jusqu'au jour où le prologue s'est imposé à moi.
A partir de ce moment, j'ai écrit frénétiquement, délaissant toute autre activité, excepté mes études. J'ai terminé une première version bancale que j'ai maintes fois remaniée. C'est seulement après avoir fait lire le texte final à des proches qui paraissaient enthousiasmés que j'ai envisagé de tenter à nouveau ma chance.
Quand j'ai enfin été publiée, j'ai eu l'impression que chacune de mes errances m'avait rapprochée de ce livre et que les détours que je prenais pour des contretemps étaient en réalité des étapes obligéés. Un jour, j'ai dressé une liste des lieux et des personnes qui m'ont marquée et j'ai cherché le lien entre ces noms, le dénominateur commun : dans mon imagination, il y a des moments charnières, des "carrefours du destin" où les hasards n'en sont pas, où les choses arrivent pour une raison, comme si elles se déroulaient selon un plan secret qui les liait inextricablement. "
A propos de Vita Nuova, le second
"Au début d'une écriture, mon état d'esprit guide le choix de l'intrigue, colore mon style, en fonction de mes rêves, des rencontres que je fais, de la saison... En général, un prologue s'impose à moi, sorte de prélude à l'histoire. Puis les différentes phases du cheminement de l'héroïne ou du héros, suite à une rencontre qui vient les transformer, les happer vers une quête chaotique.
Mes deux romans pourraient s'intituler Quand Clara rencontre Vitor ou Quand Adrien rencontre Ambre. Je pense que ce sont les rencontres qui nous forcent à évoluer, à abandonner nos refuges, nos croyances ancrées. Ce sont elles qui nous façonnent au fil du temps. Mes romans racontent des rencontres bouleversantes, de celles qui marquent à jamais, réveillent, révèlent. Certes, il y a souvent à l'origine de telles rencontres un désir de changement, d'évasion, de métamorphose, le désir de changer de vie qui anime aussi bien Clara, héroïne de Attends l'hiver qu'Adrien, héros de Vita Nuova. Ils ont en commun cette soif de renouveau, soif qui peut être pernicieuse car elle va les conduire tous deux vers des êtres ambigus, tortueux, la poursuite d'un idéal inaccessible.
Cependant, Clara et Adrien sont deux personnages très différents. Clara est une jeune fille romantique qui sort à peine de l'adolescence alors qu'Adrien est un quincagénaire qui va glisser vers le cynisme et l'amertume. Un personnage somme toute assez éloigné de moi, même si je m'identifie à lui à certains moments, lorsqu'il se heurte aux réponses évasives d'Ambre, à ses brusques revirements. Au début de l'écriture, j'avais intitulé le roman Le patient du Docteur Katz, mais ce titre me détachait trop du personnage : j'ai besoin de ressentir ses émotions au moment de l'écriture pour pouvoir les décrire. J'ai donc décidé de l'intituler Vita Nuova, car c'est bien le moteur du récit, le rêve d'Adrien : une nouvelle vie. C'est aussi le nom de cette pizzeria, où Adrien et Ambre fêtent leurs retrouvailles. Il voit dans le nom de ce restaurant un signe, le présage d'un renouveau. A moi aussi, il m'est arrivé de voir dans le nom d'un lieu l'augure d'un tournant. Les lieux familiers, même extérieurs, ont leur importance, ils sont les décors d'une époque, on s'y attache comme à des habitudes, et parfois même on leur prête une signification, une logique."